Lorsque j’ai emménagé à Londres en fin 2023 après deux ans à travailler dans le podcast à Paris, c’était comme sauter en parachute dans un univers inconnu. Je suivais plein de podcasts anglophones et j’étais curieuse de découvrir le marché UK, mais je ne savais pas exactement à quoi m’attendre. Cet article, c’est la synthèse de tout ce que j’ai appris sur l’industrie audio au Royaume-Uni depuis. Quand je regarde par curiosité les statistiques disponibles en ligne sur le marché britannique du podcast ou que je rencontre des Français lors d’événements audio à Londres, je me rends compte que nous connaissons peu la réalité de l’industrie de l’autre côté de la Manche. Sans vouloir provoquer une vague d’immigration de Français ni décourager les futurs expatriés, voici un aperçu des principales différences entre le podcast au Royaume-Uni et en France. L’hégémonie de la BBC Je ne peux pas parler de l’industrie audio au Royaume-Uni sans parler de la radio BBC. Elle est ce qui fait la principale différence structurelle entre le marché britannique et le marché français. “N’est-ce pas l’équivalent britannique de Radio France”, me direz-vous ? Oui et non. Oui, c’est une usine à contenus financée par l’Etat qui fonctionne comme une “maison mère”. Mais en termes d’échelle et d’impact, et je le dis avec beaucoup de respect pour Radio France : Radio France est un peu la version Lidl de la BBC. Je m’explique : au Royaume-Uni, la majorité des studios de production de podcast sont ce qu’on appelle des “fournisseurs” pour la BBC, c’est-à-dire qu’ils produisent des projets pour la BBC en plus de leurs projets “indépendants”. De la même manière, la BBC dispose de “pools”, c’est-à-dire de bases de producteurs individuels (souvent en freelance) auxquels elle fait appel par le biais d’une liste de diffusion pour réaliser ses projets. Qui plus est, la programmation audio digitale de la BBC fonctionne aussi par le biais de “rounds” d’appels à projets ouverts à tous.

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