Auteure sonore, le pouvoir de l’imaginaire y a toute sa place. Rendre le non-visible accessible grâce à l’écriture de la lumière. C’est aussi une immersion d’un réel possible, ici, le mien, vers un réel collectif. Et puis, il y a cette question suspendue dans l’air du temps : “qui suis-je ?” Qui ne s’est pas posé cette question un jour ? Au-delà de son identification personnelle, son nom, son statut, ses habitudes, son humeur. En tant que femme du XXIe siècle, je m’interroge sur l’humain. Son absurde interaction avec la peur et son désir absolu de quête de bonheur. J’impose mes règles du ”Je”. Ceci est un “Je” et est-il un autre possible ? Celui de mon auditeur qui cherche peut-être à se reconnaître ou du moins des réponses à ses propres questionnements. L’altérité, ou reconnaissance de la différence, est ainsi en relation avec la singularité. Je ne peux être sujet de ma propre existence, c’est-à-dire assumer mon identité d’être consciente que si je reconnais l’altérité du monde et l’existence de la liberté des autres. C’est alors toucher du bout des doigts l’égrégore de l’impermanence. Lorsque j’écris mes podcasts, je transmets des sensations. Car c’est bien cela que nous avons en commun : les émotions. Elles transpirent dans notre perception de nos sens. La vue en premier et pourtant, c’est le sens qui trompe beaucoup. Puis nous avons l’ouïe, évidemment. Comment ne pas mettre des sons en images. Mais l’enjeu est bien trop facile. Il nous faut créer un univers. Un contexte. Et surprendre. Le souffle, la voix réveillent le toucher, l’odorat et le goût. Tous ces petits détails que je tricote, que je perçois et que je retranscris sont pour sublimer le réel. Créer une immersion sonore dans un imaginaire qui devient palpable. Qui se ressent. Qui se vit… Transcender le corps et le temps, c’est toucher le manteau des mondes. Cette frontière opaque entre les mondes du réel et du non-visible. Ce n’est pas une idée nouvelle. Depuis la nuit des temps, nous écrivons des histoires pour rendre le monde supportable.

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