Produire un podcast de grande qualité ne se résume plus aujourd’hui à l’enregistrement d’une voix, avec une narration correctement agencée et à la diffusion de celle-ci. C’est un fait, les podcasts ont plus que jamais besoin de musique, que ce soit de génériques d’introduction ou de clôture, de transitions, voire d’interludes. Je suis compositeur, et parler avec un podcasteur, c’est un peu comme rencontrer un Allemand lors d’un voyage à Londres ayant pour but de travailler sa maîtrise de la langue de Shakespeare. Comme dans un conte, cette rencontre fait parfois office d’élément perturbateur, et les péripéties commencent lorsque le podcasteur parle de segments et de timelines tandis que le compositeur utilise plutôt les termes de mesures et de partitions. Déroutés ou pleins de confusions, les deux doivent pourtant trouver un terrain d’entente. Une chose est sûre, ils n’auront pas la Lorraine. Sous le casque de chevalier du royaume des sons, on peut avoir aussi chaud que lors d’une sieste sous un sombrero en plein cagnard mexicain. Les podcasteurs veulent souvent que leur musique soit prête dans un délai très court, ce qui peut engendrer une certaine dose de stress. Et c’est là que sans l’aide d’une DeLorean et du Doc, notre chevalier du royaume des sons se retrouve parachuté en 2023 comme employé d’une entreprise mondiale hyper compétitive, avec des délais serrés et objectifs ambitieux à atteindre. Celui qui n’était agile que pour bouger ses mains sur un morceau de bois se voit sprinter sur une ligne de départ. Une compétition effrénée où entrent en jeu la rapidité, la créativité et l’innovation, le tout sous chrono. Les chevaliers du royaume des sons sont un peu des Don Quichotte, se battant contre des moulins à vent, ou plutôt comme dans un bon jeu vidéo contre le boss final. Dragon et princesse à délivrer ? Bien trop has been. L’apparition des banques de sons géantes s’est littéralement placée comme une solution de secours avec des millions de musiques en catalogue, où le chevalier, tête dans le guidon, offre ses œuvres contre quelques écus.

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