La culture hip-hop, fraîchement débarquée des États-Unis en France au milieu des années 80, n’a jamais fait l’unanimité à travers les médias. Nés d’un mouvement contestataire, au même titre que le punk ou encore le grunge, ces artistes s’exprimant par le graff, la danse ou le rap dérangent bien plus que les rockstars. Quarante ans plus tard, grâce à de nouveaux modes de consommation et de communication, le rap est parvenu à se hisser au sommet des charts. Aujourd’hui, promouvoir le rap et ses artistes en passant par les plateaux télé, les interviews dans la presse ou les émissions de radio grand public n’est plus une nécessité. Bien que, par la force des choses, certains médias commencent à changer, cette culture, souvent réduite au statut d’art mineur, se retrouve régulièrement utilisée pour alimenter différentes polémiques, plutôt que d’être traitée à sa juste valeur. Il est difficile d’oublier les déboires judiciaires que des groupes comme Ministère A.M.E.R., NTM, ou Sniper ont pu avoir dans un pays où la liberté d’expression fait partie des droits fondamentaux. Les plus récentes apparitions télévisées de Vald ou Nekfeu, ajoutées à l’absence totale des têtes d’affiche confirment qu’encore aujourd’hui, il existe un vrai mépris à l’égard de cette culture. Heureusement, le hip-hop, et ça, depuis ses débuts, peut compter sur ses passionnés. Dans le premier épisode du podcast Du Béton aux nuages produit par Mouv’, de Pascal Cefran (animateur) et Raphaël Da Cruz (journaliste), ils reviennent notamment sur les premières émissions qui lui seront consacrées. © Apple Music. ## Une adaptation constante aux évolutions Au milieu des années 2000, l’arrivée d’Internet et de ses téléchargements illégaux va avoir différents impacts sur l’industrie musicale. Avec les restrictions budgétaires que subissent les maisons de disques en lien avec la crise, le nombre de signatures pour lancer de nouveaux artistes baisse. Des conséquences qui seront désastreuses pour la presse spécialisée. De nombreux magazines traitant le hip-hop dans sa globalité, comme Radikal ou RER, mettront la clé sous la porte.

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