Parce qu’elle est au cœur du podcast : à chaque parution, retrouvez une courte réflexion sur la voix. Ce que j’en apprends tous les jours, notre rapport à elle et à celle des autres, le sens philosophique qu’on peut lui donner. Apprentie, j’ai fait mes premières armes en alternance entre les médias pour lesquels je travaillais et l’école de journalisme. On n’y parlait guère de podcasts, tout juste de “petits objets multimédias” (POM). Et il y avait les sessions radio bien sûr, en conditions réelles, dont j’attendais beaucoup secrètement. Nous présentions le journal à tour de rôle, avec flashs actu et reportages fraîchement montés. Certain·e·s avaient tout de suite adopté le ton caractéristique des journalistes TV et radio, d’autres l’excluaient, sans pour autant savoir quoi faire de leur voix. Sur ce point, nous étions en roue libre. L’intervenante du jour m’avait sommée de cracher mon chewing-gum (conseil avisé), et c’était parti. ## Voix d’implication “Parler dans un micro n’est pas naturel. C’est très déstabilisant et ça enlève toute spontanéité. Est-ce que je suis trop près du micro ? Trop loin ? Est-ce que je dois m’asseoir ? Me lever ? Je parle peut-être trop vite ?” Ex-journaliste radio et coréalisatrice du podcast Parle bien !, Roxane Pour Sadjadi est coach vocale pour cette même école, par coïncidence. Aujourd’hui, l’attention portée à la technique vocale a progressé et c’est tant mieux ! “La voix des journalistes, comme celle des enseignants, est une voix d’implication, selon la formule du médecin phoniatre François Le Huche. On veut absolument faire comprendre quelque chose et cela peut être fatigant à la fois pour l’écoute, mais aussi pour le corps et les cordes vocales.” Créateur·rice·s de podcasts, il ne vous aura pas échappé qu’un remède universel existe : poser sa voix.
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