Né en 2022, The Podcast Bureau est constitué d’une seule personne, Mélanie Vazeux, en collaboration avec des freelances. Cette agence de conseil spécialisée dans l’audio digital accompagne des producteurs, des distributeurs de contenu, mais aussi des marques qui veulent investir ou se développer dans l’audio.
Son cœur de métier est la stratégie audio : penser la monétisation dès le démarrage, le marketing dès la phase de préproduction. Mélanie met ses clients en relation avec les interlocuteurs les plus adaptés dans la production, l’hébergement et la monétisation. Pour avoir travaillé avec Nouvelles Écoutes, Paradiso Media, Louie Media et Binge, elle connaît le fonctionnement d’un studio, son modèle économique, ses problématiques.
Armée en outre de sa bonne connaissance de l’actualité de l’audio, Mélanie apporte son expertise polyvalente aux agences à travers des missions diverses, du développement commercial à la veille de podcasts pouvant être adaptés à des séries télévisées. Mais The Podcast Bureau est aussi une porte d’entrée pour les néophytes dans le secteur de l’audio, tels les médias classiques franchissant le cap. Son objectif est alors de les aider à en comprendre l’écosystème et à investir ce marché. Des sorties de films entraînent également son intervention pour de la communication dans des podcasts.
Un réseau très féminin
Par ailleurs, Mélanie a cofondé l’association Women & Podcasts, le seul réseau de femmes dans le podcast en France, menant à des rencontres professionnelles, des synergies et de la transmission de savoir. Deux branches de services sont proposées : la formule Pro, destinée aux femmes dont au moins 80% des revenus sont générés par le podcast, et la formule Boost s’adressant à des indépendantes isolées, arrivées dans le podcast par passion ou pour dynamiser leur activité professionnelle. Deux communautés aux besoins et problématiques différents, et aux ateliers mensuels distincts, mais qui se rejoignent dans les soirées trimestrielles et sur les réseaux sociaux.
Vite définir un modèle économique
Quant à sa vision du marché, Mélanie estime que le podcast, parfois considéré comme un petit à-côté sympa, pourrait être plus souvent central dans le storytelling des marques. Ce sont pourtant celles-ci qui injectent encore aujourd’hui de l’argent, dans un besoin de traiter certains sujets, et de prouver à la fois leur impact et leur proximité envers leurs clients. Leur engagement sur le marché dépend de celui des GAFA et autres grandes entreprises technologiques, toujours hésitants face à la croissance plus lente qu’espéré. De même, les médias traditionnels, pouvant apporter de nombreux annonceurs, traînent le pas face au constat d’un modèle économique tardant à se définir. Ils viendront certainement, doucement, mais sûrement.
“Si demain, on crée un conglomérat des grands acteurs français du podcast, peut-être que cela changera la donne”
Populariser le podcast
De son côté, YouTube a annoncé vouloir donner un vrai coup d’accélérateur, une belle visibilité au podcast. Si le KPI d’un podcast donné double de cette manière, une marque n’hésitera pas à y mettre plus d’argent. Mais la plateforme vidéo, en mesure de contrôler les sources de revenus des annonceurs, risque par ailleurs de réduire ce qui tombe dans la poche des créateurs.
Un schéma similaire existe déjà dans le domaine musical : Apple, Spotify et Deezer vendent des abonnements, mais ne rémunèrent pas les artistes. À l’inverse du reste du monde, où les radios s’engagent dans une vraie stratégie globale, les radios françaises font des productions dans leur coin. Restent alors le podcast payant et la vente des droits d’adaptation à l’audiovisuel, solutions encore balbutiantes.
Mais si demain, on crée un conglomérat des grands acteurs français du podcast, un vrai média puissant vers lequel les annonceurs seront obligés d’aller, peut-être que cela changera la donne. Les grosses boîtes de production devraient aussi se décider à inciter des stars à lancer leur podcast. Au lieu d’y aller à tâtons, il faut que quelqu’un investisse et y croie.