Le podcasteur, en tant qu’auteur de son podcast, possède des droits sur celui-ci, comme nous avons pu le voir lors de nos précédents articles dans ce magazine. Nous avions également rappelé qu’il devait veiller à ne pas porter atteinte aux droits d’auteur de tiers. Par ailleurs, et même si le principe de liberté d’expression domine, le podcasteur doit veiller à respecter certaines limites (1). En tant qu’auteur/éditeur, il engage, en effet, sa responsabilité (2). ## 1 - Les limites à la liberté d’expression Il ne s’agit pas, ici, d’être exhaustif sur les limites à la liberté d’expression : injure, diffamation, incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination, apologie du terrorisme, atteinte à la vie privée, dénigrement… Il serait trop long d’envisager chaque limite. Il convient surtout de rappeler un principe : le podcasteur est censé connaître les limites à la liberté d’expression et ne pas les outrepasser. Cela étant précisé, il n’est pas inintéressant d’examiner de plus près la diffamation et l’injure. Qu’est-ce que la diffamation? C’est l’“allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne” (article 29 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse). Ainsi, dès qu’un podcasteur attribue un comportement, un fait à un tiers, et que cela a pour conséquence de porter atteinte à son honneur ou sa réputation, nous sommes en présence d’une diffamation, peu importe la véracité des faits allégués. La diffamation peut aussi prendre plusieurs formes : elle peut être déguisée, insinuée… être interrogative ou conditionnelle. Pour autant, toute diffamation n’est pas sanctionnable. En effet, la véracité du fait diffamatoire, invoquée ci-dessus, permet d’échapper à toute condamnation. Il peut en être de même si l’auteur des propos diffamants est de bonne foi ; cela signifie que l’imputation des faits doit être réalisée sans animosité personnelle, que le but poursuivi doit être légitime (il contribue à un débat politique, historique, intellectuel, scientifique…), que les sources soient vérifiées et l’expression mesurée (il faut éviter les formules outrancières).

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