J’ai grandi en écoutant clandestinement sous ma couette les radios libres de mes animateurs préférés juste avant de m’endormir. Je me souviens enclencher mon dictaphone pour enregistrer la fin de l’émission afin de l’écouter le lendemain sur le trajet de l’école. Je crois que mon amour pour la radio a commencé comme ça. À moins que ce ne soit encore plus jeune. J’ai 10 ans, et Géraldine, une copine de classe, m’invite à passer le mercredi après-midi chez elle. Elle sort sa radiocassette et enclenche le bouton rouge en même temps que celui qui indique la position lecture, puis elle se met à parler et je découvre ébahie que tout s’enregistre instantanément. De retour chez moi, je retente immédiatement l’expérience. C’est un échec. Jusqu’à ce que je comprenne qu’il suffit d’insérer des petites boulettes de papier dans les trous des K7 non vierges pour réenregistrer par-dessus. C’est ainsi que la voix de Dorothée a vite été recouverte par la mienne me présentant comme “Émilie Ramet, votre actrice de radio préférée”. Aujourd’hui, j’ai abandonné les boulettes de papier et mon dictaphone, mais j’écoute toujours mes émissions préférées sous la couette. Les podcasts ont été immédiatement une révélation pour moi, tout ce contenu varié, à la demande et à volonté. Ce sont mes livres de chevet préférés. Et pourtant, jamais je ne me suis imaginée être à l’initiative de mon propre podcast. J’avais en tête de partager une histoire personnelle, mais je restais persuadée que le mieux serait de me greffer à un podcast existant, question de facilité, de technique, de savoir-faire… Ce qui est fou, c’est que jamais je n’ai vraiment fait les démarches dans ce sens. Flemme. C’est comme ça qu’il y a un mois, je suis en train de me laver les cheveux et l’idée de produire moi-même mon podcast revient me hanter, je la laisse filer. Je saisis alors mon téléphone avant de saisir le sèche-cheveux et j’ouvre le message d’un ami sur Instagram. Sans raison ni explications, il me partage un Reel de deux mecs en train d’enregistrer un podcast.

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