Dans tous ses projets, Clémentine Roux a à cœur de mettre en lumière la diversité et la richesse de la création sonore marseillaise. Cette freelance, spécialisée dans le marketing du podcast, a une activité tentaculaire : elle a co-fondé un réseau afin de rassembler les acteurs du podcast marseillais, occupe un rôle clé dans un collectif qui guide les créateurs dans la monétisation et anime son propre podcast… Elle est sur tous les fronts. Rencontre avec Clémentine Roux.

Photo : Clémentine Roux
Comment êtes-vous arrivée dans le podcast ?
CR - Je me suis lancée dans le podcast en septembre 2019. J’avais l’intuition qu’il se passait quelque chose dans cet univers et j’avais envie d’en être. Avant de me mettre à mon compte, j’étais commerciale chez Facebook et Instagram. À la fin de mon contrat, j’ai postulé un peu partout. C’est Matthieu Stefani qui m’a ouvert les portes et donné plein de conseils dans le cadre du lancement de l’incubateur Big Bang Media (qui n’existe plus aujourd’hui). C’est comme ça que j’ai rencontré des podcasteurs, qui ont été très intéressés par mon parcours qui pouvait les aider à se faire connaître, développer leur audience. Je représentais une quarantaine de podcasteurs indépendants et j’allais chercher des campagnes de sponsoring auprès des marques.
Vous animez votre propre podcast : Marseille Créative. Qu’est-ce qui vous a insufflé cette envie ?
CR - C’est seulement trois ans après m’être mise à mon compte que j’ai décidé de lancer mon propre podcast. L’élément déclencheur a été mon déménagement à Marseille au début de l’année 2022. C’est une ville que j’avais adoré lorsque j’y avais fait mes études. En revenant vivre là-bas, j’ai découvert son énergie bouillonnante. C’est une ville très inspirante mais tout est caché… J’avais envie de mettre en lumière ces créateurs marseillais ! Donc, en octobre 2022, j’ai sorti mon podcast « Marseille Créative ».

Plus récemment, j’ai même organisé une soirée de lancement, six mois après sa sortie, afin de m’ancrer localement. Comme l’objectif de mon podcast est de mettre en avant des artistes, je leur ai proposé d’exposer leurs œuvres lors de la soirée. C’était très chouette de mettre en avant la scène artistique locale. Que de l’audio puisse créer du physique, c’est passionnant.
Par ailleurs, vous avez créé en mars dernier le réseau bénévole Les Podcasteurs du Sud. Quelles sont les actions que vous menez ?
CR - Les Podcasteurs du Sud c’est une envie de se réunir entre acteurs et actrices de l’écosystème du podcast à Marseille et ses environs. Pour le moment, nos actions se limitent à des réunions chaque mois. Dans ce cadre-là, il y a des sous-projets qui ont, ou vont, éclore. On a, par exemple, mis en place des ateliers d’écoute où 3-4 podcasteurs, qui sont à la recherche de feedback, font écouter un extrait de leur podcast dans le but d’optimiser leur épisode. Ce sont des moments d’écoute constructive. Puis sinon, on rédige La Claque, une newsletter de recommandations, de curation audio et de créations sonores de Marseille et ses environs. Au sein des Podcasteurs du Sud, il y a un vrai désir d’échange, de partage d’expérience et de mettre des ressources en commun dans le but d’augmenter la visibilité… Le réseau compte 75 membres, tous aussi différents les uns que les autres, c’est très enrichissant.
Plus récemment, vous avez sorti un guide pour aider les podcasteurs et podcasteuses à trouver des sponsors pour leur podcast avec vos consoeurs du collectif Pousse. Dans quelle mesure, c’est devenu essentiel pour les créateurs et créatrices d’être au point sur les questions de monétisation de leur podcast ?
CR - Il y a pleins de podcasteurs qui ne savent pas comment monétiser leur podcast. Combien ça coûte ? Qu’est-ce qu’ils peuvent vendre ? Comment présenter son podcast à des sponsors ? … Avec Caroline Franquet et Léa Reverdy, qui sont elles aussi spécialisées dans le marketing de podcast, on accompagne les créateurs de podcast dans ce cheminement là. Les questions d’argent, c’est toujours délicat dans le podcast, alors que c’est le nerf de la guerre.
Vos différents projets visent tous à soutenir la création sonore marseillaise. Dans quelle mesure c’est important de mettre en place des initiatives afin de favoriser la création régionale de podcast ?
CR - Aujourd’hui, pour le podcast, tout est très localisé à Paris, alors qu’il se passe plein de choses en région. Marseille c’est quand même la deuxième plus grosse ville de France… Dans mes différents projets, mon but c’est vraiment qu’on nous entende, vis-à-vis de l’écosystème podcast mais également qu’on nous connaisse au niveau local. À Marseille, il y a un enjeu de démocratisation dans la consommation de podcast.
Quels sont vos projets futurs ?
CR - C’est de pérenniser tous les projets déjà en cours. Puis, j’aimerais beaucoup renouveler l’expérience de la soirée autour de mon podcast Marseille Créative, tous les ans ou tous les six mois avec, par exemple, les 15 derniers invités à chaque fois. Derrière mon podcast, mon projet serait de former une communauté d’artistes à Marseille et l’événement y répond bien.