En 2016, la journaliste féministe Lauren Bastide crée le média La Poudre afin de donner la parole aux femmes et ainsi pallier le faible temps de parole médiatique qui leur est alloué. En 2020, ce temps a diminué dans tous les médias, sauf dans le podcast natif. Cinq ans après son lancement, La Poudre est toujours un des espaces référents et privilégiés de parole et de réflexion des femmes. Le podcast initialement produit par Nouvelles Écoutes a rejoint le catalogue Spotify et comptabilise aujourd’hui 12 millions d’écoutes. Rencontre avec sa créatrice. PM : Aujourd’hui, La Poudre compte plus d’une centaine d’épisodes. L’identité de votre média a évolué tout en gardant une base solide autour du féminisme et de la parole. Comment définir la quintessence de La Poudre en un épisode : si vous ne pouviez en recommander qu’un, par lequel devrions-nous commencer pour entrer dans votre univers ? LB : C’est vache, j’en ai beaucoup des épisodes ! Je trouve que l’épisode avec Chris de Christine and the Queens est intéressant parce que c’est à la fois une figure médiatique, quelqu’un qui est très connu du grand public, sur qui il y a eu beaucoup d’articles et de choses produites, donc on peut avoir l’impression qu’on la connaît. Toutefois, j’ai l’impression que dans mon interview de La Poudre, elle dit des choses qu’elle n’a pas dites ailleurs. Elle propose une lecture politique, une lecture féministe avec des références à ses lectures qui sont très caractéristiques des échanges qu’on a dans La Poudre, on essaie toujours de donner un maximum de références. Je sais que c’est un des épisodes qui a très bien marché et que la réception était chouette. Elle était contente aussi de son interview. Donc, je dirais que pour quelqu’un qui n’est pas forcément sensibilisé aux questions féministes, qui a envie de comprendre un peu mon travail, c’est une bonne entrée en matière. Aussi, je me suis rendu compte ces derniers temps que les épisodes qui étaient les plus écoutés ces deux ou trois dernières années étaient des tables rondes.

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