Luc Wintsch est enseignant et animateur radio. À travers ses trois podcasts – Brume Littéraire, Entre Deux Arts, et Parlons Deuil – il explore des territoires souvent considérés comme exigeants, sensibles, parfois même tabous : la littérature classique, la création artistique et le deuil. Pourtant, c’est précisément dans cette complexité qu’il cherche à ouvrir des espaces de parole, de réflexion et d’humanité.
La littérature comme souffle
L’aventure commence avec Brume Littéraire. Ce podcast naît d’un double élan : d’un côté, une passion sincère pour la littérature, ancrée depuis longtemps chez Luc Wintsch ; de l’autre, une volonté de lutter contre le rejet souvent associé à la littérature classique. Il constate que cette dernière est trop fréquemment perçue comme froide, élitiste ou cantonnée au cadre scolaire. Son projet est donc clair : « sortir ces œuvres de leur contexte académique » et les faire entrer dans la vie réelle.
Dans Brume Littéraire, il donne une nouvelle voix aux textes anciens en les inscrivant dans des problématiques contemporaines. Il souhaite prouver que ces livres parlent encore, et surtout qu’ils peuvent parler à tous. Le choix du format audio s’est imposé naturellement :
Le podcast a ce côté beaucoup plus accessible. Il parle à tout le monde, à toutes les générations, explique-t-il.
Ce médium, souple et intime, lui permet de créer un lien direct avec l’auditeur. Il veille à varier les temporalités, pour ne pas se limiter au XXe siècle et offrir un panorama littéraire riche, vivant, incarné.
L’art comme rencontre
Avec Entre Deux Arts, Luc Wintsch poursuit une autre intuition : celle que les disciplines artistiques peuvent dialoguer, se nourrir mutuellement. Qu’il s’agisse de littérature, de peinture, de musique ou de cinéma, il défend l’idée que l’art est avant tout une expérience personnelle, et que toutes les formes de création peuvent se répondre dès lors qu’elles sont portées avec sincérité et bienveillance.
Son rapport à l’art est profondément intime.
Pour moi, l’art passe toujours par la création , dit-il
Écrire, pour lui, commence toujours de manière concrète : dans un petit carnet qu’il garde sur lui, où il note ses idées, ses observations, ses élans. Cette simplicité du geste initial, ce besoin de créer presque instinctif, est au cœur de sa démarche. Il ne cherche pas à ériger une hiérarchie entre les formes artistiques, ni à poser des frontières. Au contraire, il voit l’art comme un vaste terrain d’expérimentation et de croisement.
Dans un monde saturé par les formats courts – reels, shorts, TikToks –, Entre Deux Arts se présente comme une alternative. Luc Winstch y voit une forme de « contre-culture » : un espace pour ralentir, approfondir, ressentir. Là où tout pousse à la consommation rapide des contenus, le podcast offre un souffle, un temps suspendu où la pensée peut se déployer sans contrainte.
Parler du deuil, sans tabou ni austérité
Enfin, avec Parlons Deuil, il aborde une thématique souvent mise de côté : celle de la mort, du chagrin, de la perte. Mais loin d’adopter un ton austère ou solennel, Luc Wintsch cherche au contraire à « faire quelque chose d’assez vivant », pour évoquer le deuil autrement. Il revendique une approche humaine, douce, où l’écoute prime sur la parole, et la présence sur la réponse.
Le podcast Parlons Deuil est réalisé en collaboration avec l’association Vivre Son Deuil Suisse, renforçant encore sa portée humaine et engagée.
Il rappelle que
La mort est là, elle est dans le quotidien. Et que le plus important, dans l’accompagnement du deuil, c’est souvent d’être là, simplement, en tant qu’ami. Pas forcément pour donner des solutions, mais pour accompagner.
Ce positionnement sensible touche les auditeurs, qui se reconnaissent dans les émotions partagées. D’autres ressentent un vrai soulagement. C’est réconfortant de voir quelqu’un parler de ce sujet-là.
Créer pour se relier
Au fil de ses projets, Luc Winstch tisse un fil rouge : celui de la création comme nécessité. Pour lui, chacun devrait créer. Pas dans une logique de production ou de performance, mais comme un moyen d’exister pleinement, de se connecter à soi-même et aux autres. Il affirme :
Le monde aurait besoin de plus de créateurs dans l’idée. Tout le monde devrait créer.
Il voit l’art comme un moteur de transformation intérieure, un catalyseur de sensibilité. Il pense que ça développe une sensibilité qui nous rapproche beaucoup des autres, parce que ça nous rapproche de nous-mêmes , résume-t-il. C’est là, peut-être, la clé de ses podcasts : non pas instruire, ni imposer, mais éveiller une sensibilité partagée.
En donnant voix à la littérature, à l’art et au deuil, Luc Wintsch offre à ses auditeurs bien plus que des contenus culturels. Il leur tend la main, ouvre des espaces d’écoute et de réflexion, et les invite à retrouver ce qui, au fond, nous relie tous : la capacité à ressentir, à créer, et à être présent.