Emission de France Culture pour l’été 2022, voici une rétrospective des œuvres qui ont marqué leur époque et - la série ose le dire - ont changé le monde (ou la vision qu’en ont les Occidentaux). Cinéma, littérature et arts visuels sont questionnés.
Des arts, des ares, lézards
Très subjectif, à la limite du cryptique, l’art dit “visuel” (peintures, sculptures, etc.) peut être interprété de multiples manières. Particulièrement quand il émane d’une culture aujourd’hui disparue, dont nous n’avons plus les codes. Remonter à la Grèce antique, c’est encore possible, même si notre compréhension des “Raisins” de Zeuxis sera toujours partielle. Mais que penser de l’une des plus célèbres statues mexicaines, l’idole de la déesse Coatlicue, la “femme aux serpents” ? Effrayante idole, entité chtonienne, elle est pourtant liée à la fertilité et transporte l’Eau de jouvence…


Quand le carton fait un carton
Art nouveau et capable de toucher un large public, même s’il est plus éphémère que les autres, le cinéma est aussi le plus visuel de tous. Représenter les drames de la Seconde Guerre mondiale avec Shoah (C. Lanzmann) ou incarner la Nouvelle Vague avec Les Quatre Cents Coups de Truffaut ? Pas de problème ! Et cela se prête encore mieux avec de pures inventions. Ainsi, à l’apogée du cyberpunk, des millions de gens plongèrent au cœur de Matrix et de ses projections futuristes. Tandis que le requin ci-contre, particulièrement mal fabriqué, suffisait à plonger dans les eaux troubles de la psychose des salles entières et à impacter radicalement la vision du large public sur cet animal.
La plume plutôt que mille lances
Mais s’il est bien un art qui peut impacter les consciences, avec des prises de position claires et une grande résilience à travers le temps, c’est bien la littérature. Philosophes et penseurs peuvent alimenter des courants de pensées des siècles après leur trépas. Ainsi que les artistes subversifs et les génies discrets. Ainsi, retrouvez Mrs Dalloway de Virginia Woolf, qui dépeint l’Angleterre post-guerre mondiale (en concurrence avec Orlando,pour son questionnement avant-gardiste sur les normes de genre). Voyage au bout de la nuit, ou la déambulation désespérée de Céline dans un monde de misère physique et intellectuelle. L’épopée romanesque par excellence, mère de toutes les autres : le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. Et l’Oeuvre au noir, fresque humaniste de Marguerite Yourcenar sur l’apparition du protestantisme.
