L’INA est une institution qui résonne aux yeux et aux oreilles de celles et ceux qui font des archives audiovisuelles des pépites que l’on aime à consulter à la manière d’une capsule temporelle préservée. Forte d’un patrimoine inestimable, la structure veille à ne pas se cantonner à être un coffre-fort audiovisuel mais à faire fructifier et valoriser ses archives auprès du grand public. Dans cette stratégie, le podcast représente un axe que l’Institut tente d’exploiter depuis 18 mois environ. Dernier projet en date, Le temps de l’actu, un podcast qui fait résonner et éclaire l’actualité à la lumière d’archives d’antan mais toujours d’actualité. Emmanuel Goubert, responsable du département création éditoriale à l’INA, Laetitia Fourmond, responsable de l’offre de podcasts à l’INA, et Théophile Cossa, journaliste et présentateur du podcast, prennent le temps d’évoquer ce projet mené en partenariat avec l’université Panthéon-Assas.
Cet article est publié également dans La Lettre Pro de la Radio et du podcast N°167
“Faire converger les activités universitaires et patrimoniales a été le déclencheur principal du projetLe temps de l’actu”, telle est la manière dont Emmanuel Goubert acte la naissance de ce podcast. “Nous avons saisi la proposition de l’historien Fabrice d’Almeida à l’université Paris-Panthéon-Assas et avons imaginé ce podcast conjointement.” Les deux institutions étant associées par ailleurs, le podcast est naturellement né au fil de leurs discussions.
Riche d’un patrimoine audiovisuel exceptionnel et ayant accès à des experts et universitaires reconnus dans leur discipline, Le temps de l’actu propose au grand public un podcast d’actualité qui prend naturellement le temps de la réflexion et de l’analyse.
Éclairer le monde qui nous entoure
Dans un contexte où le podcast d’actualité fonctionne très bien en France avec des acteurs déjà installés, l’arrivée de l’INA dans le domaine ne pouvait se faire qu’avec une promesse différente. La présence des invités universitaires apporte un éclairage distancié et expert, le tout mis en perspective avec les archives et le traitement de l’INA. “Nous voulons aller à rebours de l’information opinion”, précise Théophile Cossa, journaliste au micro du podcast.
“Le partenariat INA - Panthéon-Assas nous est apparu une forme d’évidence, un pont entre nos activités.” Emmanuel Goubert, responsable du département création éditoriale à l’INA
À l’écoute, le podcast se caractérise en deux parties distinctes. Tout d’abord un récit du sujet d’actualité à base d’archives tirées des collections de l’INA, ce qui permet une mise en perspective immédiate suivie d’un temps d’entretien avec l’expert issu de l’université Panthéon-Assas. “Ce concept fonctionne bien, l’archive apporte de la profondeur”, précise Laetitia Fourmond. Avec cette construction, le podcast a vocation à s’adresser au grand public et plus spécifiquement auprès d’un public de jeunes actifs.
Un équilibre entre expertise et accessibilité
Dans ce dispositif de partenariat, les rôles demeurent bien établis. Charge à l’INA seul de gérer la partie éditoriale du podcast lorsque le périmètre des intervenants Panthéon-Assas s’inscrit dans ce rôle d’expertise. En témoigne la partie initiale du podcast, le récit de 5 à 6 minutes, que l’expert “écoute uniquement au moment de l’enregistrement et à partir duquel on lui demande de réagir”, précise Laetitia Fourmond.
Ce dispositif ayant pour but de saisir à la fois “des sujets qui agitent le débat actuel” tout en prenant soin de rebondir sur les domaines de recherches d’Assas, indiquent de concert les différents intervenants. Avec un écueil parfaitement identifié par Laetitia Fourmond, celui de “ne pas trop complexifier les sujets”.
Les archivistes au service de l’actualité
Ainsi, la force du récit à base des archives de l’INA joue un rôle fondamental dans chaque épisode permettant pour chaque sujet de “coller au plus près, de poser les termes du débat”.
Cette séquence clé de 5 à 6 minutes est le fruit d’un travail conjoint entre le journaliste et les archivistes de l’INA. Concrètement, c’est le journaliste qui missionne les documentalistes autour de thématiques pour lesquelles il leur demande de faire émerger des archives (issues de la télévision ou de la radio) de manière à produire “le récit équilibré” dont il a besoin. Ensuite, c’est une question de connaissance du catalogue des archives qui se met en place, “elles ont une connaissance à la pointe du catalogue de l’INA”, indique admiratif Théophile Cossa, précisant du même coup “qu’elles ont une vraie vision éditoriale leur permettant de déduire des choses des sujets et de faire les bonnes propositions, identifier les bons extraits”.
Un podcast qui valorise les archives pour enrichir l’actualité
“Les documentalistes proposent environ une quinzaine d’archives pour établir le récit de 5 à 6 minutes. Au final, nous en retenons 10 à 12 et peu de choses sont refusées”, complète à son tour Laetitia Fourmond. Un travail précieux qui donne une valeur supplémentaire au podcast et perpétue la mission de l’INA dans la valorisation des archives.
Le temps de l’actu en est encore à ses débuts et semble déjà rencontrer un premier succès d’estime, à écouter Emmanuel Goubert : “Les auditeurs apprécient le podcast pour sa capacité à aller plus loin dans les sujets d’actualité avec une partie récit particulièrement appréciée.” De façon générale, l’offre de podcasts de l’INA est encore toute récente bien qu’elle parvienne d’ores et déjà à rencontrer son public. Le temps de l’actu est déjà là, le temps du succès n’est sans doute pas très loin.
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