Vous lancez votre podcast et avez démarré avec le micro de votre téléphone ou un micro que vous avez trouvé dans votre grenier ? Puis vous avez décidé d’aller sur Internet pour trouver les meilleures recommandations pour choisir le bon micro pour votre podcast, car on vous a dit ou vous vous êtes rendu compte que le son n’était pas top. Vous pensiez pouvoir facilement trouver le micro qu’il vous fallait, et sont soudainement arrivés à vos oreilles les mots condensateur, statique, cardioïde, dynamique… Vous avez tenté de comprendre, mais même en essayant de comprendre, vous avez laissé tomber et vous avez fini par acheter le micro dont votre ami qui fait des podcasts vous a parlé. Essayons ensemble d’y voir un peu plus clair.

Les types de micros : statiques ou dynamiques ?

Tout d’abord, les micros statiques
(que l’on nomme aussi à condensateur ou encore électrostatiques). Ces micros sont plus réalistes et plus aérés et souvent utilisés en studio pour deux raisons :

  • Ils doivent être alimentés (vous connaissez le terme alimentation Phantom plus connue sous le terme +48v) en 48 volts. Donc ils doivent être reliés à des consoles (RodeCaster, PodTrak P8…), des enregistreurs (Zoom H5, Tascam DR40…) ou des interfaces audio (Focusrite Scarlett) lui donnant plus de courant.
  • Ils sont plus sensibles lors de l’enregistrement et ont donc besoin d’un environnement ambiant calme ou insonorisé. Le son est défini de manière plus transparente et ils sont souvent utilisés pour la voix, les instruments en acoustique (c’est-à-dire en prise de son direct) et le piano.

Côté micros dynamiques, ils sont généralement plus robustes et vont avoir plus de punch, on parle aussi de micros plus musclés. Ils sont souvent utilisés pour les directs sur scène ou en radio. Ils sont moins sensibles au fameux Larsen (vous savez, ce son strident que l’on entend lors de réglages). Ils sont souvent utilisés pour capter le son des percussions, les cuivres, des amplis de guitare, donc de proximité.

  • Ils ne sont pas alimentés, (on parle de passif) donc le signal de sortie est plus faible. Il est courant d’utiliser un préampli pour exploiter un bon signal. À l’exception de quelques micros dit actifs comme le Blue Sona (voir p. 54).
  • Ils tolèrent une plus grosse pression acoustique (grosses caisses) et sont très directifs (cardioïdes) et ont des courbes de réponse très différentes (on en parle ci-contre).

Qui dit directif dit cardioïde

La deuxième information que vous avez certainement vue ou lue ou entendue concerne les termes cardioïdes, omni, hypercardioïdes ou encore en 8 ou bidirectionnels. Ce concept est plus simple à retenir, car ils sont souvent expliqués de manière visuelle avec des illustrations comme celles que Lucas vous a concoctées.

Les micros directifs appelés cardioïdes. Ils captent principalement les sons placés devant le micro. Ce sont les plus utilisés et les plus connus. Les sons qui viennent de derrière ne sont pratiquement pas captés et ils évitent par ce biais le Larsen. Il existe aussi des cardioïdes larges.

Les micros hypercardioïdes sont encore plus directionnels que les cardioïdes et donc moins sensibles aux sons de derrière et des côtés. Utilisés en doublage cinéma ou en captation d’orchestre.

Les micros bidirectionnels ou en forme de 8. Ces micros permettent une captation en face-à-face avec le micro placé entre les deux personnes par exemple.

Les micros omnidirectionnels. Comme leur nom l’indique, ils captent en 360°, soit tous les sons d’où qu’ils viennent. Ces micros sont souvent utilisés pour capter des ambiances.

Les micros canon. Utilisés souvent en extérieur dans les films au cinéma ou pour des tournages de séries TV ou de youtubeurs, ces micros sont hyperdirectionnels (encore plus que les hypercardioïdes). Impossibles à utiliser si la source est proche.

Courbe de réponse, un peu plus complexe

Vous avez certainement entendu parler de bande passante pour l’Internet ? Vous savez, la capacité d’un tuyau en largeur pour faire passer toutes sortes de flux (eau, air, bits…). On parle aussi de bande passante pour le son. On le calcule en dB (décibels). On représente souvent ces bandes passantes sous forme de diagrammes polaires ou sous forme de diagrammes linéaires de réponse en fréquence (calculées en hertz). Regardez nos deux exemples pour un micro dynamique SM7B de Shure et un micro statique V4U de Schoeps.

Ces renseignements vous permettront de choisir de manière plus précise votre micro selon la source que vous désirez capter (voir nos encadrés), surtout pour les micros dynamiques qui ont des courbes qui diffèrent beaucoup dans les fréquences basses.

La hauteur de la voix parlée change selon l’âge : 75 à 140 hertz (Hz) pour les hommes, 170 à 250 Hz pour les femmes et 300 à 450 Hz pour les enfants. Donc du plus grave au plus aigu. L’étendue de son échelle sonore couvre les fréquences de 1 500 Hz (dans les aigus) à 40 Hz (pour les graves).

Les sons audibles par l’oreille humaine sont compris entre 15 et 20 000 Hz. Le piano a une étendue de 50 à 5 000 Hz environ, le violon, de 400 à 4 000. C’est l’orgue qui a la plus grande étendue de l’échelle musicale, allant de 16 Hz (avec un gros tuyau de 20 mètres de long) à 16 000 Hz (minuscule tuyau
de 4,75 cm).