Provoquer la sensation de froid rien que par l’ouïe… Pari impossible ? Octave Broutard l’a pourtant relevé avec brio ! Cet auteur et membre du collectif Transmission nous immerge dans un décor polaire avec sa création Construire un feu. Une fiction sonore d’un genre nouveau, qui nous transporte hors du temps. ## Immersion et sensations La première chose que l’on entend : des bruits de pas dans la neige et les respirations d’un homme luttant contre le froid… L’ambiance est posée dès les premières secondes. Dans Construire un feu, Octave Broutard raconte l’histoire d’un homme perdu (interprété tantôt par l’acteur Richard Bohringer, Octave Broutard et les membres de l’équipe), qui tente, tant bien que mal, d’allumer un feu pour se réchauffer après être tombé dans l’eau d’un lac gelé. Il ne lui reste que quelques allumettes… Commence ici la lutte pour survivre à ce froid polaire, le faisant osciller entre humanité, instinct de survie et folie. Cette histoire est en réalité une adaptation de la nouvelle éponyme de Jack London (To Build a Fire), écrite en 1908. “Je suis attiré par les histoires de solitude, confie l’auteur, et je trouve ça intéressant d’utiliser les éléments naturels comme des choses absolues, comme la terre, la pierre, le vent, la mer, pour les raconter.” Ainsi, Octave Broutard se plonge dans la trame glaçante de Jack London et ce décor polaire pour proposer une expérience sonore unique. “On a totalement réécrit cette nouvelle pour avoir une écriture sonore, notamment dans la musicalité des mots, explique-t-il, il fallait que les mots soient taillés pour un projet de cinéma sonore.” Par exemple, Octave Broutard a imaginé une narration (pour laquelle Sarah Lefèvre prête sa voix), enregistrée elle aussi en décor naturel, qui se superpose et amplifie l’aspect parfois onirique du récit. “C’était l’un des points les plus importants du projet, c’était cette dimension expérimentale. Souvent on parle d’un cinéma de sensations, qui fait vivre ton corps. En radio, j’aimerais réussir à faire des choses comme ça, où tu ressens les éléments. Donc, je me suis dit qu’il fallait mettre les comédiens dans la neige.” !

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